Sommaire
9 sections- L’essentiel en bref
- Qu’est-ce que l’invalidation du permis de conduire ?
- Invalidation, annulation, suspension : quelles différences ?
- La lettre 48SI : le point de départ de la procédure
- La procédure après une invalidation, étape par étape
- Invalidation du permis de conduire : les cas particuliers
- Peut-on contester une invalidation du permis ?
- Combien coûte la récupération du permis après une invalidation ?
- Prêt à récupérer votre permis avec CNTP ?
Vous venez de recevoir une lettre recommandée référencée 48SI ? Elle vous informe que votre solde de points est tombé à zéro et que votre permis de conduire est invalidé. À partir de cet instant, vous n’avez plus le droit de conduire.
Heureusement pour vous, l’invalidation n’est pas définitive. En suivant les bonnes démarches, dans le bon ordre, vous pouvez repasser votre permis dès la fin de l’interdiction, soit 6 mois dans le cas général. Ce guide détaille la procédure, les délais, les examens, les coûts et les recours.
L’essentiel en bref
L’invalidation du permis de conduire est la perte de validité du permis quand le solde de points tombe à zéro, notifiée par la lettre recommandée 48SI.
Après une invalidation, le permis doit être remis à la préfecture dans les 10 jours suivant la réception de la lettre 48SI.
Après une invalidation, l’interdiction de repasser le permis dure 6 mois à partir de sa remise, ou 1 an si le permis a déjà été invalidé dans les 5 années précédentes.
Après une invalidation, le test psychotechnique et la visite médicale sont obligatoires et peuvent être passés sans attendre la fin de l’interdiction, le test en premier.
Après une invalidation, seul le code est à repasser si le permis avait 3 ans ou plus, que l’interdiction dure moins de 1 an et que l’inscription a lieu dans les 9 mois suivant la remise du permis.
L’invalidation est une décision administrative liée aux points ; l’annulation du permis est décidée par un juge après une infraction grave.

Qu’est-ce que l’invalidation du permis de conduire ?
L’invalidation est la perte de validité du permis lorsque le solde de points atteint zéro. C’est une mesure administrative décidée par le ministère de l’Intérieur, et non par un juge. Elle touche toutes les catégories du permis (B, A, C…), à l’exception de la catégorie AM (cyclomoteurs).
Le solde tombe à zéro par accumulation d’infractions, chacune entraînant un retrait de points : excès de vitesse répétés, usage du téléphone au volant, feu rouge ou stop non respecté, conduite sous alcool ou stupéfiants. Un permis probatoire, qui démarre à 6 points, est donc bien plus exposé qu’un permis à 12 points.
Invalidation, annulation, suspension : quelles différences ?
Ces trois mesures sont souvent confondues. Elles n’ont pourtant ni la même origine, ni les mêmes conséquences.
Invalidation | Annulation | Suspension | |
|---|---|---|---|
Cause | Solde de points nul | Infraction grave (alcool, stupéfiants, homicide ou blessures involontaires…) | Infraction (alcool, stupéfiants, grand excès de vitesse…) ou raison médicale |
Qui décide | Ministère de l’Intérieur (lettre 48SI) | Juge | Préfet (administrative) ou juge (judiciaire) |
Durée sans permis | 6 mois, ou 1 an si nouvelle invalidation dans les 5 ans | Fixée par le juge | Administrative : 6 mois, jusqu’à 1 an ; judiciaire : jusqu’à 3 ans |
Permis à repasser | Oui : code seul ou code et conduite | Oui : code seul ou code et conduite | Non : restitution du permis |
Test psychotechnique | Obligatoire, sans attendre la fin de l’interdiction | Obligatoire, après la fin de l’interdiction | Obligatoire si 6 mois ou plus, sans attendre la fin |
Visite médicale | Obligatoire | Obligatoire | Obligatoire si plus de 1 mois |
Pour en savoir plus, lisez nos pages annulation du permis et suspension du permis.
La lettre 48SI : le point de départ de la procédure
Que contient la lettre 48SI ?
La lettre 48SI est le courrier recommandé avec accusé de réception par lequel le ministère de l’Intérieur vous notifie l’invalidation de votre permis pour solde nul. Elle récapitule les infractions qui ont fait perdre des points, vous demande de restituer votre permis et indique les voies et délais de recours.
L’interdiction de conduire s’applique dès sa réception. Conduire malgré l’invalidation est un délit puni de 2 ans d’emprisonnement et 4 500 € d’amende, la même peine qu’en cas de refus de restituer le permis.
Vous n’avez pas reçu ou pas retiré la lettre ?
Ne pas aller chercher un recommandé ne suspend pas la procédure : la notification est réputée faite à la date de première présentation. En cas de doute, consultez votre solde de points en ligne (service Télépoint) ou demandez votre relevé d’information intégral en préfecture : il indique la date et les conditions de notification.
Si la lettre a été envoyée à une mauvaise adresse alors que vous aviez déclaré votre changement de domicile, la notification peut être jugée irrégulière. C’est un argument de recours (voir plus bas).
La procédure après une invalidation, étape par étape
Récupérer son permis passe par sept étapes. Les étapes 4 et 5, le test psychotechnique et la visite médicale, peuvent être passées pendant l’interdiction : c’est là que se gagne le temps.
Étape 1 : remettre votre permis en préfecture
Vous disposez de 10 jours à compter de la réception de la lettre 48SI pour restituer votre permis à la préfecture, en main propre ou par courrier recommandé avec accusé de réception selon les départements. Conservez le justificatif de remise, car c’est cette date qui fait courir votre période d’interdiction. Chaque jour de retard repousse d’autant la date à laquelle vous pourrez reconduire.
Étape 2 : prévenir votre assureur
Informez votre assureur auto par lettre recommandée avec accusé de réception dans les 15 jours suivant la notification. Votre contrat pourra être adapté. Ne pas déclarer l’invalidation vous expose à un refus d’indemnisation en cas de sinistre.
Étape 3 : respecter la période d’interdiction
Vous ne pouvez pas obtenir un nouveau permis avant la fin d’un délai de :
6 mois dans le cas général ;
1 an si votre permis a déjà été invalidé pour solde nul au cours des 5 années précédentes.
Ce délai court à partir de la date de remise du permis en préfecture.
Étape 4 : passer le test psychotechnique
L’examen psychotechnique est obligatoire après une invalidation, et vous pouvez le passer sans attendre la fin de l’interdiction. Il vérifie que vos capacités cognitives et votre comportement sont compatibles avec la conduite. Il se déroule chez un psychologue déclaré auprès de la préfecture et dure environ 45 minutes chez CNTP :
un entretien individuel avec le psychologue, qui revient sur votre parcours de conducteur sans juger vos infractions ;
des tests sur ordinateur : réflexes, attention, coordination, gestion du stress et des informations.
Il n’y a pas de réponses à apprendre par cœur : soyez juste reposé et sincère, et présentez-vous avec une pièce d’identité et votre lettre 48SI. Le test coûte généralement entre 70 et 150 € selon la localisation du centre agréé.
Étape 5 : passer la visite médicale
La visite médicale du permis vérifie votre aptitude physique à conduire (vue, audition, pathologies, consommations). Elle se passe :
chez un médecin agréé consultant hors commission, pour 36 € ;
ou devant la commission médicale départementale, pour 50 €, si des infractions sont liées à l’alcool ou aux stupéfiants.
Comme le test psychotechnique, elle peut être passée sans attendre la fin de l’interdiction. Le médecin tient compte du résultat du test psychotechnique : passez le test avant et apportez-en le compte rendu. L’avis favorable du médecin agréé est valable 2 ans.
Bon à savoir : la visite n’est pas remboursée par l’Assurance maladie, se règle directement au médecin et ne fait pas partie de votre réservation CNTP.
Étape 6 : vous inscrire à l’examen sur le site de l’ANTS
L’inscription se fait en ligne sur le site de l’ANTS (France Titres). Préparez en version numérisée :
un justificatif d’identité ;
un justificatif de domicile de moins de 6 mois ;
une photo-signature numérique ;
votre avis médical favorable.
Vous obtenez un numéro d’inscription (NEPH) qui vous permet de vous présenter à l’examen.
Étape 7 : repasser le code, et la conduite si nécessaire
Vous ne repassez que le code si trois conditions sont réunies :
vous déteniez votre permis depuis 3 ans ou plus à la date de l’invalidation ;
votre période d’interdiction est de moins de 1 an ;
vous vous inscrivez à l’examen dans les 9 mois suivant la remise de votre permis.
Si une seule de ces conditions manque, vous devez repasser le code et l’épreuve de conduite. D’où l’intérêt de ne pas attendre la toute fin de la période d’interdiction pour exécuter le test psychotechnique et la visite médicale.
Une fois l’examen réussi et l’interdiction terminée, vous demandez votre nouveau permis sur le site de l’ANTS. C’est un permis probatoire de 6 points, qui atteint 12 points au bout de 3 ans sans infraction.

Invalidation du permis de conduire : les cas particuliers
Jeune conducteur : permis de moins de 3 ans
Si vous déteniez votre permis depuis moins de 3 ans, vous devez repasser le code et la conduite, quelle que soit la durée de l’interdiction. Si vous aviez plusieurs catégories, l’épreuve pratique de chacune est à repasser. Le test psychotechnique et la visite médicale restent obligatoires.
Deuxième invalidation en moins de 5 ans
La période d’interdiction passe de 6 mois à 1 an. La condition « interdiction de moins de 1 an » n’est donc plus remplie. Même avec plus de 3 ans de permis, vous repasserez donc le code et la conduite.
Permis moto (catégorie A)
Après une invalidation, vous ne retrouvez pas toujours directement le permis A. Selon votre situation, vous obtenez d’abord un permis A2, puis vous suivez une formation pour revenir en catégorie A.
Catégorie AM (cyclomoteurs et voitures sans permis)
La catégorie AM n’est pas concernée par l’invalidation. Vous pouvez donc conduire un cyclomoteur ou une voiturette pendant l’interdiction, à condition d’être titulaire de cette catégorie.
Conducteurs professionnels
Aucun aménagement n’existe pour l’invalidation. Autrement dit, l’interdiction s’applique aussi aux trajets professionnels. Si votre emploi dépend de votre permis, prévenez votre employeur et envisagez un recours rapide si la procédure vous paraît irrégulière.
Peut-on contester une invalidation du permis ?
Vous pouvez contester une invalidation du permis dans le délai indiqué sur la lettre 48SI. En général, c’est 2 mois à compter de sa réception ou de sa première présentation. Plusieurs voies existent, qui peuvent se combiner :
le recours administratif auprès du ministère de l’Intérieur, en ligne ou par courrier, pour demander le retrait de la décision ;
le recours devant le tribunal administratif, pour faire valoir une irrégularité : information obligatoire non délivrée lors d’une infraction, notification à une mauvaise adresse, erreur dans le décompte des points ;
le référé-suspension : un recours ne suspend pas l’invalidation, mais vous pouvez demander au juge des référés de suspendre la décision, en démontrant l’urgence (emploi menacé, par exemple) et un doute sérieux sur sa légalité.
Commencez par demander votre relevé d’information intégral en préfecture. En effet, c’est la pièce qui permet de repérer une éventuelle irrégularité. Un avocat en droit routier pourra évaluer votre dossier. En attendant, poursuivez la procédure de récupération pour ne pas perdre de temps.
Combien coûte la récupération du permis après une invalidation ?
Comptez quelques centaines d’euros si vous ne repassez que le code, et nettement plus s’il faut aussi repasser la conduite.
Poste | Coût indicatif |
|---|---|
Test psychotechnique | 70 à 150 €, selon le centre agréé |
Visite médicale | 36 € (médecin agréé) ou 50 € (commission médicale) |
Examen du code | 30 € de redevance, plus un éventuel forfait d’entraînement |
Leçons et examen de conduite (si requis) | Variable selon l’auto-école, mais souvent 1 000 à 2 000 € |
Peuvent s’y ajouter une hausse de votre prime d’assurance et, le cas échéant, les honoraires d’un avocat. Ces montants sont juste indicatifs, donc vérifiez les tarifs pratiqués près de chez vous.
Prêt à récupérer votre permis avec CNTP ?
Le test psychotechnique est la première démarche que vous pouvez lancer dès la remise de votre permis. Réservez votre créneau dans l’un de nos centres agréés partout en France, avec un psychologue déclaré auprès de la préfecture.
Réserver mon test psychotechnique ou appelez le 01 87 66 37 55.

Remettez votre permis en préfecture dans les 10 jours suivant la réception de la lettre 48SI. Passez ensuite le test psychotechnique puis la visite médicale, sans attendre la fin de l’interdiction. Inscrivez-vous à l’examen sur le site de l’ANTS avec votre avis médical, repassez le code (et la conduite si nécessaire), puis demandez votre nouveau permis une fois l’interdiction terminée. Quelle est la différence entre annulation et invalidation du permis ? L’invalidation est une décision administrative qui découle d’un solde de points nul et est notifiée par la lettre 48SI. L’annulation est prononcée par un juge après une infraction grave, avec une durée d’interdiction fixée par le tribunal. Dans les deux cas, le test psychotechnique et la visite médicale sont obligatoires avant de repasser le permis.
Vous ne repassez que le code si vous aviez au moins 3 ans de permis, que l’interdiction dure moins de 1 an et que vous vous inscrivez à l’examen dans les 9 mois suivant la remise de votre permis. Si une seule de ces conditions manque, vous devez repasser les deux épreuves.
Au minimum 6 mois à partir de la remise du permis, ou 1 an en cas de nouvelle invalidation dans les 5 ans. S’y ajoutent les délais d’examen et de fabrication du titre. En passant le test psychotechnique et la visite médicale pendant l’interdiction, vous pouvez repasser l’examen peu après la fin du délai.
Oui, et nous le recommandons. Après une invalidation, le test psychotechnique et la visite médicale peuvent être passés sans attendre la fin de l’interdiction, le test en premier. Vous gagnez ainsi du temps et vous restez dans le délai de 9 mois pour ne repasser que le code.
Conduire avec un permis invalidé est un délit puni de 2 ans d’emprisonnement et 4 500 € d’amende, avec des peines complémentaires possibles comme la confiscation du véhicule. En cas d’accident, votre assurance peut aussi refuser de vous indemniser.
Après une invalidation, le nouveau permis est un permis probatoire de 6 points. Il atteint 12 points au bout de 3 ans sans infraction.